Le ministre des affaires rurales M. Tarmo Tamm: «L'Europe est unie dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens»

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  • 10/08/2017 22:45

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Photo: Annika Haas
Selon le principe «Une seule santé», la santé humaine est étroitement liée à celle des animaux et de l'environnement (photo: Annika Haas)

La résistance microbienne aux antibiotiques, c'est-à-dire la capacité à résister aux médicaments antibiotiques, est un problème qui prend de plus en plus d'ampleur tant en Europe que dans le reste du monde. Le programme européen commun «Une seule santé» qui a été adopté vise à combattre ce fléau. Dans le cadre de ce programme commun, les établissements scientifiques et les laboratoires de référence de différents États membres coopèrent dans les domaines concernant la résistance aux antibiotiques.

«Chaque année en Europe, environ 25 000 personnes meurent en raison de bactéries résistantes aux médicaments et cette tendance ne fait qu'augmenter», a indiqué le ministre des affaires rurales, M. Tarmo Tamm. «Par conséquent, toute l'Europe doit unir ses efforts en vue de s'attaquer aux maladies transmissibles de l'animal à l'humain, aux bactéries résistantes aux antibiotiques et aux problèmes résultant d'autres dangers. Les mots clés sont coopération scientifique et élévation du niveau des recherches scientifiques européennes.»

«L'Estonie attache beaucoup d'importance à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, qui est en progression à l'échelle mondiale et constitue donc une des questions les plus importantes pour la présidence estonienne du Conseil de l'Union européenne», a ajouté M. Tamm.

Selon le principe «Une seule santé», la santé humaine est étroitement liée à celle des animaux et de l'environnement. Cela signifie qu'un lien étroit existe entre la qualité de l'alimentation animale et humaine, la santé animale et humaine et la pollution environnementale. Le programme met l'accent sur les recherches portant sur les maladies transmissibles (les bactéries, les toxines microbiologiques et les virus).

Le programme commun permet la création d'un cadre dans lequel les groupes scientifiques de différents États coopèrent, et auquel sont également associés des laboratoires de référence et des instituts étudiant les zoonoses. Chaque État membre participant associe une institution spécialisée dans le domaine de la santé ou de la médecine humaine et une autre relevant du domaine vétérinaire. Au total, 41 laboratoires et centres de recherche agréés provenant de 19 États membres y participent.

Le programme a également pour objet de favoriser la croissance économique et la création d'emplois. Le programme «Une seule santé» est soutenu par les dirigeants européens et les membres du Parlement européen, qui s'entendent désormais sur le fait que la recherche scientifique est un investissement pour notre avenir, et portent donc une attention accrue sur la coopération des laboratoires de référence et des instituts de recherche.

Le lancement des activités du programme commun devrait avoir lieu en février 2018. Pour l'Estonie, la participation concerne un consortium réunissant l'Université de Tartu et le laboratoire vétérinaire et alimentaire national.

Le contexte

  • La Commission européenne et les États membres de l'Union européenne ont pris d'importantes mesures tendant à limiter le développement des résistances chez les microbes du fait d'un usage incorrect et imprudent des antibiotiques. Ainsi, les ministres réunis début février 2016 à Amsterdam ont convenu que tous les États membres élaborent un plan d'action national, fondé sur le principe «Une seule santé», et visant à limiter l'utilisation des antimicrobiens et à réduire la propagation des résistances aux antimicrobiens.
  • En règle générale, on parle de l'utilisation des antimicrobiens en lien avec le traitement des personnes. Ce que l'on sait moins, c'est que plus de la moitié des antibiotiques fabriqués dans le monde sont utilisés dans les élevages d'animaux, et, là où des antibiotiques sont utilisés, un risque de résistance apparaît. Le problème tient au fait que les bactéries résistantes qui apparaissent dans les élevages d'animaux en raison d'une utilisation excessive ou incorrecte d'antibiotiques peuvent également se propager à l'humain. C'est la raison pour laquelle, il est essentiel de limiter l'utilisation des antibiotiques à usage vétérinaire et notamment ceux qui présentent une importance critique dans traitement des maladies humaines. La recherche et le développement, auxquels travaillent en commun les laboratoires et les instituts scientifiques des États membres de l'Union européenne ont précisément pour objet de trouver des solutions par la coopération.
  • Horizon 2020 constitue le plus important programme européen en faveur de la recherche, de l'innovation et de la coopération internationale. Il est doté d'un budget de près de 80 milliards d'euros pour la période 2014-2020, en plus des investissements du secteur privé.